Quand art et machines s’entremêlent

Date de publication : 11/12/2015

Inaugurée en octobre au musée des Confluences, l’exposition "L’art et la machine” entend présenter les liens entre les machines et les arts plastiques, au travers de 170 pièces. Trop pointue ou accessible à tous ? Verdict. Par Marie Veronesi

ON A AIMÉ

L’esthétique mécanique.
Symboles de la modernité, les machines voient le jour avec la révolution industrielle au XIXème siècle. Puissantes, complexes, elles n’en sont pas moins esthétiques avec leurs lignes pures, leur symétrie et leur aérodynamisme. Comme Marcel Duchamp en son temps, on ne peut être qu’impressionné lorsqu’on se retrouve confronté à une hélice gigantesque Breguet de 4m de haut. Et interloqué face à l’étrange machine à statistiques ou l’insondable machine à vapeur verticale. Les formes naissantes avec l’avènement de l’automobile et de l’aviation fascinent les artistes. A tel point que pour nombre d’objets, le visiteur s’interroge : "C’est une machine ou une oeuvre d’art ?”.

La diversité des oeuvres rassemblées.
Peinture, sculpture, photos, vidéos, installations... La nature des pièces présentée est très variée et montre bien que les machines ont inspiré nombre d’artistes. Tandis que des peintres ont été mis à contribution pour représenter la vie de l’usine, les photographes se sont emparés de l’industrie comme sujet, quand les innovations technologiques ont permis le développement du cinématographe. On apprécie beaucoup la dernière partie de l’exposition où la désindustrialisation des années 80 s’exprime dans des oeuvres poétiques farfelues. La machine est alors devenue symbolique, elle est détruite comme dans les compressions de César ou recréée de toute pièce. C’est le cas du clou de l’exposition : "Méta-Maxi” la gigantesque machine de Jean Tiguely d’une quinzaine de mètres de long qui se met en mouvement dans un brouhaha impensable dans un musée.

La scénographie.
Au fur et à mesure que l’on avance dans l’expo, on tombe sur des ouvertures sur les salles déjà visitées. Les différentes oeuvres et machines dialoguent entre elles et à travers le temps. Un soin particulier a aussi été apporté à la mise en lumière des objets, donnant du sens aux jeux d’ombres. Très sympa également, une sorte de drive-in, de mini cinéma au coeur de l’exposition, qui propose au visiteur de visionner des courts extraits de films rendant hommage à la machine. Les Temps Modernes, bien sûr, mais aussi Mon Oncle, la Machine à explorer le temps ou encore Matrix.

ON N’A PAS AIMÉ

Le mélange des genres.
Dans "l’esprit Confluence”, cette exposition est à la fois chronologique et thématique. A tel point qu’on est parfois un peu perdu et que l’ensemble manque de cohérence. Les passionnés de photos seront ravis de voir de vieux modèles d’appareils, après une série de peintures sur des usines et avant d’être confronté à une compression de César, mais c’est un peu le fourbis. Cependant, si l’on ne perd pas le fil et qu’on prend le temps de lire tous les panneaux, on saisit assez bien le propos.

L’omission de la guerre.
L’expo a fait le choix de se concentrer sur l’aspect esthétique de la mécanique, sans parler de la machine de guerre. On comprend la volonté de ne pas trop s’éloigner du sujet initial, mais une petite partie consacrée à "la machine qui tue” confrontée au travail des artistes n’aurait pas été inintéressante.

La cloche. C’est certes un détail anecdotique, mais la cloche d’une machine retentissant tout au long du parcours devient vite agaçante !

Verdict. L’Art et la Machine regroupe un ensemble de pièces intéressantes qui permettent au public d’appréhender dans sa globalité l’évolution du regard de l’artiste sur la machine. Et inversement. Un thème original et l’occasion de voir des oeuvres impressionnantes en marche.

Exposition "L’Art et la Machine”, du 13 octobre au 24 janvier 2016, au Musée des Confluences. Ouverture du mardi au vendredi de 11h à 19h et de 10h à 19h les samedi et dimanche. Entrée : 9 euros, gratuit pour les moins de 18 ans et étudiants de moins de 26 ans. Renseignements au 04 28 38 12 00.

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