Une exposition lumineuse

Date de publication : 04/01/2016

Jusqu’au 7 février, le musée Paul Dini de Villefranche propose de découvrir une exposition sur le post-impressionnisme. Les explications de Damien Chantrenne, attaché de conservation du patrimoine.

"La dernière exposition impressionniste a eu lieu à Paris en 1886. Il nous semblait intéressant, au musée Paul Dini, d’interroger la période qui a suivi. Ce post-impressionnisme se termine généralement en 1906, avec la mort de Paul Cézanne. Nous, nous avons privilégié la date de 1914 car s’est ouvert, cette année-là, à Lyon, l’exposition internationale des beaux arts avec des artistes parisiens et lyonnais dont certains post-impressionnistes. En 1914, certains artistes vont également être appelés au front et n’en reviendront pas, provoquant une véritable cassure et ouvrant la voie ensuite au surréalisme ou au cubisme.
Le post-impressionnisme est évidemment l’héritier du mouvement précédent. Mais il a aussi sa propre identité. On retrouve une modernité de la peinture, un traitement de la lumière et de la couleur. Les artistes retranscrivent leurs impressions sur la toile, pas la réalité. Mais les post-impressionnistes vont aller plus loin. C’est une sorte de boite multicolore où on trouve les peintres nabis qui se regroupent autour de Paul Gauguin comme Maurice Denis, Félix Vallotton, Paul Ranson, Pierre Bonnard, Ker-Xavier Roussel... Ils donnent une dimension sacrée et spirituelle à leur œuvre. On n’est plus du tout dans la réalité. La perspective disparaît au profit de larges zones colorées qui inter-agissent entre elles. Mais il y a aussi les pointillistes, puis divisionnistes qui travaillent la touche en hachures, comme Georges Seurat ou Paul Signac. Il y a aussi les symbolistes, les peintres de l’intimité... alors que le cubisme se développe en parallèle, complètement à part. 
Notre approche étant régionale, nous nous sommes concentrés sur des peintres locaux de cette époque, très présents dans la capitale des arts qu’était Lyon. Il y avait évidemment l’école lyonnaise de peinture, dont témoigne le musée des Beaux Arts de Lyon. Ce mouvement a marqué Lyon : certains de nos artistes contemporains sont dans la lignée de ce post-impressionnisme, comme Jacques Truphémus qui admire Bonnard ou Vuillard, des peintres de la liberté. 
Notre exposition compte donc 150 œuvres d’artistes ayant un lien de vie ou de travail avec la région Rhône-Alpes. Certains ont vécu à Lyon, d’autres y ont juste exposé. 
Ces peintures nous ont été prêtées par des institutions publiques dont le Musée d’Orsay qui nous a accordé son soutien exceptionnel sur cette exposition, mais aussi notre partenaire, le musée des Beaux Arts de Lyon. En tout, il y a 41 prêteurs. 
Il y a des œuvres prestigieuses comme "Le Château des papes” de Paul Signac prêté par le musée d’Orsay. On y retrouve ses touches pointillistes. Il y a aussi "La Jeune fille à la cruche”, une des statues en bronze les plus célèbres de Joseph Bernard, qui combine grâce et rythme. Il y a aussi de très beaux tableaux de nocturne.
Depuis son ouverture en octobre, cette exposition reçoit entre 70 et 120 personnes par jour, ce qui est une bonne fréquentation. Elle plaît car elle est joyeuse, lumineuse et accessible.”

Le post-impressionnisme et Rhône-Alpes, jusqu’au 7 février, au musée Paul Dini de Villefranche. Tarif : 5 euros, gratuit pour les moins de 18 ans. Du 19 mars 2016 au 18 septembre, le musée proposera ensuite une exposition tournée vers l’art contemporain et ayant pour thème l’abstraction.

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