“Remplacer la lutte des classes par le bon sens !”

Date de publication : 11/04/2016

Président de Serfim, un groupe spécialisé dans les travaux publics qui s’est considérablement diversifié, et délégué régional du Meti, le mouvement des entreprises de taille intermédiaire, Guy Mathiolon propose un certain nombre de réformes pour relancer l’économie et l’emploi. Et l’ancien président de la CCI aborde sans tabous les polémiques du moment. Propos recueillis par Lionel Favrot

Votre groupe, Serfim, intervient dans de très nombreux secteurs économiques. Où est la logique dans tout cela ?
Guy Mathiolon : Nous sommes effectivement un groupe de travaux publics mais pas que ! J’ai coutume de dire qu’on est une start-up depuis 140 ans puisque l’entreprise a été créée en 1875 et que je prend toujours beaucoup de plaisir à la développer. Elle n’a jamais été vendue à un grand groupe et elle appartient toujours à 100% à ses salariés.

Comment les salariés de votre groupe peuvent-ils accéder à son capital ?

50 cadres possèdent la moitié d’une structure, Sergem, qui détient elle-même 40% du capital du groupe. Chaque année, une nouvelle promotion les rejoint. Et s’ils partent de l’entreprise, ils doivent quitter le capital. C’est extrêmement rare dans notre secteur. Je pense que cela explique un certain nombre de nos initiatives, notamment en terme de responsabilité sociale et environnementale.

Mais la RSE, c’est un peu à la mode aujourd’hui !

Comme disent les vieux lyonnais «y en a qui disent et y en a qui y font». Nous, on a la prétention d’y croire. Exemple : Serfim Mobility pour éviter que des non voyants tombent dans nos chantiers. Réglé sur la longueur d’onde du petit boîtier que la Métropole de Lyon leur fourni, il les guide pour traverser le chantier. Mais nous n’avons pas attendu que la RSE soit à la mode. Quand les chantiers étaient encore simplement entourés de rubalises, nous avions inventé des barrières dont la hauteur était calculée pour que la canne des aveugle les touche pour les prévenir à tant.

Quel a été votre stratégie pour vous diversifier ?

On regarde toujours devant et j’essayes d’inculquer cette mentalité. Quand je suis arrivé chez Serpolet, on creusait des trous pour poser des câbles. On était monoproduit, monoclient, monozone géographique... Au fil des années, on a également posé des réseaux de haute-tension vers l’Italie et plus récemment vers l’Espagne. Puis on est allé vers l’eau, la dépollution mais aussi la méthanisation où la France est très en retard.
On a par exemple mis en place un système de récolte des effluents sur les exploitations agricoles situées autour des sources d’Evian pour éviter qu’elles ne soient polluées. Cela permet de produire du méthane pour le chauffage mais aussi du compost pour les agriculteurs qui fabriquent le reblochon. C’est un système très vertueux.

D’autres initiatives en matière d’environnement ?

Nous sommes très présents sur la mobilité durable, en particulier l’hydrogène. C’est nous qui avons installé la station de recharge du Port Edouard-Herriot pour la CNR. Nous l’avons aussi fait à Grenoble mais aussi dans la Manche puis toute sa région avec notre partenaire Symbio FCell. Nous testons aussi un banc solaire pour recharger les portables avec notre filiale de Chambéry.

En fait, vous cherchez à identifier des niches ?

Oui, les produits matures portent les autres. On est ainsi passé des câbles aux écrans vidéos dans les gares. Nous fournissons les panneaux d’informations voyageurs de la gare Part-Dieu mais aussi pour la RATP à Paris, ou encore à Lille. Nous travaillons aussi pour les ouvrages d’art avec deux niches : les galeries souterraines et les tunnels. Autre spécialité : les travaux subaquatiques avec un ROV, une sorte de drone sous-marin venu des Etats-Unis. Il n’y en a que deux en Europe (...)

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