Crise agricole : 
Quel avenir les paysans lyonnais ?


Date de publication : 11/04/2016


Partout en France et dans le Rhône, les éleveurs n’en finissent plus d’alerter sur leur situation. Ils protestent contre les cours très bas auxquels le porc, le lait et la viande bovine sont achetés par les industriels. Dans un contexte de surproduction européenne et de manque de compétitivité française, les paysans de Lyon sont-ils voués à mourir ?  Mag2 Lyon est allé recueillir le témoignage de ceux qui galèrent, mais aussi de ceux qui s’en sortent. Pour imaginer le monde paysan de demain... Par Marie Veronesi

"On va assister à des drames dans les campagnes”

Pascal Girin a 50 ans. Cela fait 30 ans qu’il se lève à 4h30 tous les matins pour s’occuper de ses 250 vaches, réparties sur 150 hectares dans les monts du Beaujolais, à Grandis. Ses journées finissent à 19h30, tout comme celles de sa femme et de son fils, associés en GAEC, Groupement agricole d’exploitation en commun. Soit 13h de travail par jour pour se sortir l’équivalent d’un SMIC à la fin du mois, quand tout va bien. La crise agricole, il la subit de plein fouet. "Je ne peux plus me verser de salaire. On prend tout juste ce qu’il nous faut pour manger, le moins possible pour ne pas trop mettre l’entreprise en danger. Mais on va se retrouver en déficit à la fin de l’année”, assure sans détour l’éleveur. En cause : les cours très bas auxquels le lait est acheté par les industriels de la transformation. Les 250 vaches de Pascal Girin produisent 650 000 litres chaque année, qu’il vend à la coopérative Sodiaal. Avec la crise, il perd 50 euros tous les 1000 Litres. Soit un trou de 32 500 euros de trésorerie sur l’exploitation. "Au delà de ça, il faut rajouter l’aspect climatique exceptionnel qu’on a dû supporter en termes d’achat de fourrage, ce qui représente 35 000 euros”, précise-t-il. Sans compter que l’exploitation a récemment dû beaucoup investir pour se mettre aux normes, notamment sur le stockage des effluents d’élevage et le bien-être animal... (...)

"Mon système me permet de traverser plus sereinement la crise”

Quand il a mis en place son système d’autonomie fourragère il y a 8 ans, personne n’y croyait. La crise que traverse actuellement le secteur tend pourtant à lui donner raison. Installé depuis 11 ans à Meys, après Courzieu, Alexandre Dubeuf, a choisi d’être le plus possible indépendant des coûts des intrants, tous les produits nécessaires au fonctionnement agricole que l’on doit acheter sur le marché extérieur. Sur ses 60 hectares, il cultive lui-même l’herbe qui nourrit ses 70 vaches laitières. 10 hectares sont consacrés à la culture de céréales et d’orge. "C’est quelque chose qu’on a mis en place pour pouvoir justement traverser des crises comme celles d’aujourd’hui. Dans un système autonome, où on ne produit qu’avec ce qu’on a, on arrive à être un peu moins dépendants de la volatilité des prix”, détaille l’éleveur de 36 ans. Si ses rentrées d’argent ont baissé dans les mêmes proportions que les autres, Alexandre Dubeuf arrive encore à très bien gagner sa vie, puisque son coût de production est moins élevé que la moyenne. "Mon système me permet de traverser plus sereinement la crise. Je subis moins que ceux qui sont obligés d’acheter des concentrés de production pour pouvoir produire du lait. Mon objectif c’était de ne pas acheter mon lait avant de le produire”, poursuit-il. Pour avoir un meilleur rendement, la tendance de ces dernières années a enfin consisté à acheter des aliments dits "performants” comme les concentrés de production, plus cher que le fourrage, mais qui permettent de faire produire plus de lait aux vaches. "Ca fait 30 ans qu’on nous explique que pour produire du lait c’est une ration de maïs, un peu d’herbe, du correcteur azoté, du tourteau de soja, tourteau de colza, de la vache laitière... Aujourd’hui, pour moi, on est arrivés au bout de ce système”, estime Alexandre Dubeuf. Mais si son système simple est si performant, pourquoi d’autres éleveurs n’ont-ils pas reproduit sa démarche ? (...)

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